Nombre total de pages vues

jeudi 16 avril 2015

#thelancet #VIH-1 #HIV-1 #tenofoviralafenamide #tenofovirdisoproxilfumarate #elvitegravir #cobicistat #emtricitabine Tenofovir alafenamide versus tenofovir disoproxil fumarate, coformulé avec elvitegravir, cobicistat et emtricitabine, pour le traitement initial d’une infection VIH-1 : deux essais de non-infériorité de phase 3, randomisés en double aveugle

La photo de microscopie électronique représente une vue générale de macrophages infectés par le VIH. L'acidité des différents compartiments est appréciée par la densité des petites particules d'or qui apparaissent sur l'image comme de petits points noirs. Cette densité est forte dans les lysosomes qui sont des compartiments de dégradation, denses aux électrons et donc gris foncés sur la photo (cf moitié droite de la photo). A l'inverse, peu de petites particules d'or sont associées aux grands compartiments qui contiennent des particules virales qui sont clairement identifiées par la présence de particules d'or plus grosses (de 15 nm de diamètre), (cf moitié gauche de la photo). Ces compartiments sont donc très peu acides. On y voit de nombreuses particules virales qui se sont accumulées.
Source iconographique et légendaire: http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1163.htm
Le tenofovir disoproxil fumarate peut provoquer des effets toxiques au niveau du rein et de l’os, liés aux concentrations plasmatiques élevées en tenofovir. Le tenofovir alafenamide est un promédicament réduisant de 90% les concentrations plasmatiques en tenofovir. Les protocoles à base de tenofovir alafenamide  peuvent avoir amélioré la sécurité au niveau du rein et de l’os en comparaison des protocoles à base de tenofovir disoproxil fumarate.

Dans ces deux essais de phase 3 contrôlés en double – aveugle, nous avons recrutés des patients atteints d’infections avec le VIH naïfs de traitements, avec une clairance à la créatinine de 50 mL / minute ou plus dans 178 centres de soins ambulatoires situés dans 16 pays. Les patients étaient répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir une fois par jour des cachets pour prise per os contenant 150 mg d’elvitegravir, 150 mg de cobicistat, 200 mg d’emtricitabine, et 10 mg de tenofovir alafenamide (E/C/F tenofovir alafenamide) ou 300 mg de tenofovir disoproxil fumarate (E/C/F/ tenofovir disoproxil fumarate) avec le placebo correspondant. La randomisation a été effectuée à l’aide d’une séquence d’allocation générée par ordinateur (taille des blocs : 4), stratifiée en fonction de l’ARN du VIH-1, de la numération des CD4, et de la région d’origine aux États-Unis et autres pays. Ni les investigateurs, ni les patients, ni le personnel de l’étude dans son ensemble n’avaient accès aux tableaux de randomisation. Tous les participants recevant au moins une dose du médicament à l’étude ont été inclus dans la population en intention de traiter primaire, pour ce qui est des analyses d’efficacité et de sécurité. Le critère principal d’évaluation était la proportion de patients avec une concentration plasmatique en ARN de VIH-1 inférieure à 50 copies par mL à la semaine 48, définie par l’algorithme de mesure instantanée de la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) [applicable avec une marge de non-infériorité pré-spécifiée de 12%] et autres critères prédéterminés d’évaluation rénale et osseuse à la semaine 48. (…).

Nous avons recruté les patients du 22 janvier 2013 au 4 novembre 2013 (2 175 patients ont été dépistés et 1 744 d’entre eux ont été admis pour répartition de manière aléatoire dans les groupes); nous en avons  traité 1 733 (866 ont reçu le E/C/F/tenofovir alafenamide et 867 ont reçu le E/C/F/tenofovir disoproxil fumarate). E/C/F/tenofovir alafenamide ne s'est pas montré inférieur au à E/C/F/tenofovir disoproxil fumarate, 800 patients (92%) sur 866 du groupe tenofovir alafenamide et 784 patients (90%) sur 867 du groupe tenofovir disoproxil fumarate présentant une concentration plasmatique en ARN de VIH-1 inférieure à 50 copies / mL (différence ajustée 2.0%, Intervalle de Confiance [IC] 95% de -0.7 à 4.7). 
Les patients recevant E/C/F/tenofovir alafenamide ont présenté une concentration moyenne en créatinine sérique significativement plus faible que ceux recevant E/C/F/ tenofovir disoproxil fumarate (0.08 versus 0.12 mg/dL ; p<0.0001), une protéinurie significativement plus faible (pourcentage médian de changement -3 versus 20 ; p<0.0001), une diminution en densité minérale osseuse de la colonne vertébrale et de la hanche significativement plus faible [(pourcentage moyen de changement -1.3 versus -2.86 ; p<0.0001) et (-0.66 versus -2.95 ; p<0.0001)] à 48 semaines, respectivement.

À l’issue de 48 semaines de suivi, plus de 90% des patients recevant E/C/F/tenfovir alafenamide ou E/C/F/tenofovir disoproxil fumarate ont montré un effet bénéfique (succès) sur le plan virologique. Les effets sur le rein et l’os ont été significativement plus faibles chez les patients recevant E/C/F/tenofovir alafenamide. Bien que ces études ne permettent pas de conclure de manière définitive sur les événements de sécurité clinique comme l’insuffisance rénale et les fractures, nos données suggèrent que E/C/F/tenofovir alafenamide montrera un profil de sécurité à long terme favorable au niveau de l’os et du rein. Dr Prof Paul E Sax, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 15 avril 2015

Financement : Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ