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jeudi 18 février 2016

#thelancetinfectiousdiseases #zika #foetus #microcéphalie Détection et séquençage du virus Zika à partir du liquide amniotique de fœtus atteints de microcéphalie : une étude de cas

"Le virus Zika semble dangereux pour le virus" (...). Professeur Jean-François Delfraissy, spécialiste des maladies infectieuses à l'INSERM, confirme que la dangerosité de la maladie n'a été que récemment documentée. Des malformations sur les foetus sont notamment constatées.
Source iconographique et légéndaire: http://www.leparisien.fr/informations/ce-virus-semble-dangereux-pour-le-foetus-01-02-2016/
L’incidence de microcéphalie en 2015, au Brésil, était en 2015 20 fois plus élevée qu’au cours des années précédentes. La microcéphalie congénitale est associée à des facteurs génétiques et plusieurs agents causatifs. Des données épidémiologiques suggèrent que les cas de microcéphalie au Brésil pourraient être associés avec l’introduction du virus Zika. Notre but était de détecter et de séquencer le génome du virus Zika présent dans des échantillons de liquide amniotique chez deux femmes enceintes avec diagnostic prénatal de microcéphalie de leurs fœtus.

Dans cette étude de cas, des échantillons de liquide amniotique de deux femmes enceintes de l’état de Paraiba au Brésil - chez les fœtus desquelles un diagnostic de microcéphalie a été posé – ont été recueillis sur la recommandation des autorités de santé brésiliennes, à l’aide d’une amniocentèse transabdominale guidée par ultrasons à 28 semaines de gestation. Ces femmes s’étaient présentées à 18 semaines et 10 semaines de gestation respectivement, présentant des manifestations cliniques qui pouvaient bien correspondre à des symptômes d’une infection au virus Zika, incluant fièvre, myalgie, et éruption cutanée. Après centrifugation des échantillons de liquide amniotique, l’ADN et l’ARN ont été extraits à partir des particules virales purifiées avant que le génome viral n’ait été identifié par PCR quantitative après transcription inverse et séquençage par technique métagénomique de nouvelle génération. La reconstruction phylogénétique et les recherches relatives aux évènements de recombinaison ont été effectuées par comparaison des séquences génomiques du virus Zika brésilien avec des séquences d’autres lignées de Zika et de flavivirus présents dans des régions comparables du Brésil.

Nous avons détecté le génome du virus Zika dans le liquide amniotique des deux femmes enceintes. Aucune trace de virus n’était détectée ni dans leur urine, ni leur sérum. Des tests de détection du virus de la dengue, du virus chikungunya, de Toxoplasma gondii,  du virus de la rubéole, du cytomégalovirus, du virus de l’herpès  simplex, du VIH, de Treponema pallidium, et du parvovirus B19 était tous négatifs. Après séquençage complet du génome du virus Zika Brésilien isolé chez la patiente n°1, les analyses phylogénétiques ont montré un partage de 97-100% l’identité génomique du virus Zika Brésilien avec celle des lignées isolées lors de l’épidémie survenue en Polynésie Française en 2013, et qu’à la fois au niveau de l’enveloppe du virus et des régions génomiques NS5, il existait une analogie de séquences avec des lignées originaires d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord, d’Asie du Sud-Est, et du Pacifique. Après étude de la possibilité d’évènements de recombinaison entre le virus Zika et d’autres flavivirus, nous avons exclu l’hypothèse selon laquelle le génome du virus Zika Brésilien proviendrait de souches recombinantes d’autres flavirirus transmissibles par les moustiques.       

Ces résultats renforcent l’association supposée entre virus Zika et cas de microcéphalie chez les nouveaux nés au Brésil. De plus, nos résultats suggèrent que le virus peut traverser la barrière placentaire. Ainsi, le virus Zika devrait être considéré comme un agent infectieux potentiel ciblant les fœtus humains. Des études de pathogénèse confirmant le tropisme neuronal du virus Zika sont à recommander. Guilherme Calvet, PhD, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne an avant-première, 17 février 2016

Financement : Consellho Nacional de Desenvolvimento e Pesquisa (CNPq), Fundação de Amparo a Pesquisa do Estado do Rio de Janeiro (FAPERJ).


Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

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