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mercredi 29 juin 2016

#thelancet #traumatisme #tomodensitométrie Tomodensitométrie immédiate du corps entier versus imagerie conventionnelle et tomodensitométrie sélective chez des patients atteints de traumatisme grave (REACT-2) : essai randomisé contrôlé

Exemple de traumatisme: traumatisme crânien un traumatisme crânien se définit par tout choc reçu à la tête au niveau du crâne, quelle que soit sa violence
Source iconographique et légendaire: www.sante.lefigaro.fr 
Les travaux déjà publiés suggèrent que les patients ayant subi un traumatisme et qui se soumettent à une tomodensitométrie du corps entier au cours de leur examen initial, y trouvent un bénéfice sur le plan de la survie ; cependant, les évidences de niveau 1 manquent, à ce propos. Notre but était donc d’évaluer l’effet d’une tomodensitométrie du corps entier en comparaison d’un examen classique sur la mortalité à l’hôpital chez des patients présentant un traumatisme.

Nous entrepris un essai international randomisé contrôlé dans quatre hôpitaux au Pays Bas et un en Suisse. Des patients âgés de 18 ans et plus, présentant un traumatisme avec altération des paramètres vitaux, blessures pouvant mettre la vie en danger, ou blessures graves, ont été répartis de manière aléatoire  (1:1) par randomisation ALEA pour subir une tomodensitométrie immédiate ou pour subir un examen d’imagerie classique + tomodensitométrie sélective. À la fois les médecins et les patients avaient accès au tableau d’attribution des soins. Le résultat principal d’évaluation était la mortalité à l’hôpital, analysée sur la population en intention de traiter, dans les sous-groupes de patients polytraumatisés et les patients présentant des lésions cérébrales. Le test de χ2 était appliqué pour l’évaluation des différences intergroupes de taux de mortalité. (…).

Entre le 22 avril 2011 et le 1er janvier 2014, 5 475 patients ont été évalués pour éligibilité, 1 403 d’entre eux ont été répartis aléatoirement : 702 pour subir un examen de tomodensitométrie immédiate du corps entier et 701 pour subir un examen classique. La mortalité à l’hôpital n’a pas différé entre les groupes (tomodensitométrie du corps entier : 86 patients [16%] sur 541 versus examen classique : 82 patients [25%] sur 331; p=0.92). De la même façon, la mortalité à l’hôpital n’a différé dans les analyses de patients des sous-groupes polytraumatisés (tomodensitométrie du corps entier 81 patients [22%] sur 362 versus examen classique : 82 [25%] sur 331 ; p=0.46) et lésions cérébrales (68 patients [38%] sur 178 versus 66 [44%] sur 151 ; p=0.31)
Trois évènements indésirables graves ont été dénombrés chez les patients du groupe tomodensitométrie du corps entier (1%), un dans le groupe examen classique (<1%), et un chez un patient qui avait été exclu à la randomisation. Les cinq patients sont décédés.

Le diagnostic des patients à l’aide d’une tomodensitométrie du corps entier ne réduit pas la mortalité à l’hôpital en comparaison de l’examen radiologique standard. Du fait de l’augmentation des doses de radiations administrées, la recherche future aura intérêt à se focaliser sur une sélection de patients qui bénéficieront d’une tomodensitométrie immédiate.  Joanne C Sierink, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 28 juin 2016

Financement : ZonMw, the Netherlands Organisation for Health Research and Development.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ