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lundi 19 décembre 2016

#thelancetoncology #radiothérapie #génomique Modèle d’ajustement des doses de radiothérapie basé sur la génomique (GARD): étude de cohorte rétrospective

Préparation d'un patient pour traitement par radiothérapie. 6 septembre 2014.
Source iconographique: https://www.flickr.com/photos/121483302@N02/14976581657
Malgré son utilisation pour le traitement des cancers, la radiothérapie n’est pas encore entrée dans l’ère de la médecine de précision; et il n’y a, à ce jour, aucune approche d’ajustement des doses basées sur les différences biologiques entre les tumeurs. Notre but était de d’évaluer si une signature moléculaire patient-spécifique de sensibilité aux radiations pouvait être utilisée pour l’identification de la dose optimale de radiothérapie à appliquer.

Nous avons utilisé l’index de sensibilité aux radiations basé sur l’expression génique et le modèle quadratique linéaire pour la dérivation de la dose de radiation ajustée en fonction des données de génomique (GARD). Une valeur élevée de GARD est prédictive d’un effet thérapeutique élevé pour la radiothérapie ; ce qui nous amène à émettre l’hypothèse d’un lien avec les résultats cliniques obtenus. 
A l’aide des données de prospective, le protocole d’étude observationnelle Total Cancer Care (TCC), nous avons calculé le GARD pour les tumeurs primaires situées au niveau 20 sites corporels différents, traitées avec des doses standard de radiothérapie adaptées pour chaque type de pathologie. Nous avons aussi utilisé le modèle de régression de Cox pour évaluer si GARD était associé de manière indépendante avec le résultat clinique obtenu dans cinq cohortes d’essai clinique : la cohorte pour le Cancer du Sein Erasmus (n=263) ; la cohorte pour le Cancer du Sein Karolinska (n=77) ; la cohorte cancer du poumon Moffitt (n=60), la cohorte cancer du pancréas Moffitt (n=40) ; et la cohorte de patients atteints de Gioblastome de l’Atlas des Mutations Génomiques impliquées dans les Cancers (n=98).

Nous avons calculé le GARD sur 8 271 échantillons de tissus provenant de la cohorte TCC. L’on a observé un large éventail de valeurs de GARD (de 1.66 à 172.4) au sein de la cohorte TCC, malgré l’affectation de doses uniformes de radiothérapie pour chaque type de pathologie pris individuellement. Les valeurs médianes de GARD les plus basses étaient observées pour les gliomes et les sarcomes et les plus élevées pour les cancers du col de l’utérus et les cancers de l’oropharynx et du cou. On a relevé un large éventail de valeurs de GARD au sein des groupes de tumeurs. Les valeurs de GARD étaient indépendamment prédictives du résultat clinique dans le cancer du sein, le cancer du poumon, le glioblastome, et le cancer du pancréas. Dans la cohorte cancer du sein Erasmus, la survie (…) sans développement de métastases à distance était plus longue chez les patients présentant des valeurs de GARD plus élevées que chez ceux présentant des valeurs de GARD plus basses. (hazard ratio 2.11, Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.13-3.94, p=0.018).

Un modèle clinique basé sur les valeurs de GARD pourrait permettre une individualisation des doses de radiothérapie à appliquer selon la radiosensibilité des tumeurs et pourrait fournir un cadre permettant la conception par guidage génomique d’essais cliniques en radio-oncologie. Jacob G Scott, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 16 décembre 2016

Financement : aucun

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ