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jeudi 9 février 2017

#thelancetpsychiatry #dépressionmajeure #récidive #duloxetine #fluoxetine Récidive dans les cas d’interruption de traitement dans les essais randomisés contrôlés par placebo effectués chez des patients atteints de trouble dépressif majeur

Ilustration par l'artiste d'un homme atteint de dépression majeure (Van Gogh)
Source iconographique: https://it.wikipedia.org/wiki/Disturbo_depressivo#/media/File:Vincent_Willem_van_Gogh_002.jpg
La compréhension des différents types de récidive chez des patients répondant aux traitements antidépresseurs peuvent informer des stratégies de prévention des récidives à adopter. Notre but était d’identifier les différents types de dépression, d’évaluer si différentes voies existent pour les patients qui ont poursuivi ou interrompu leur traitement actif, et de tester l’existence de prédicteurs cliniques à l’aide de données mutualisées à partir d’essais cliniques.

Nous avons analysé des données individuelles de patients extraites d’essais cliniques effectués sur la dulotexine ou sur la fluoxetine versus placebo dans des cas de dépression majeure, avant 2012 (n=1462). Nous avons modélisé les types de récidive survenant au cours des traitements (jusqu’à 26 semaines) administrés en double-aveugle. Les trajectoires suivies dans le développement des dépressions ainsi que leur sévérité, mesurées par l’échelle d’évaluation de la dépression de Hamilton, ont été identifiées, à la fois dans l’échantillon complet de population et dans les groupes pris individuellement dans lesquels la prise d’antidépresseurs s’était soit poursuivie, soit interrompue, à l’aide de modèles de croissance mixte. Les prédicteurs de trajectoires de développement de pathologie étaient évalués à l’aide de modèles  régression logistique pondérée.

Nous avons identifié des trajectoires de récidive similaires et deux trajectoires de développement de dépression stable (…) sous médicament et sous placebo. Le traitement actif a diminué de manière significative les probabilités d’appartenance à une trajectoire conduisant à une récidive (rapports de chances 0.47, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.37-0.61), alors que le sexe féminin (1.56, 1.23-2.06), une période de temps de réponse clinique plus courte à une semaine de traitement (1.10, 1.06-1.15), et un score d’impression clinique globale plus élevé à la ligne de base (1.28, 1.01-1.62) avait pour effet une augmentation des chances de conduire à une récidive. Dans l’ensemble, l’effet protecteur du médicament antidépresseur par rapport au placebo sur le risque d’être classé de « récidivant » était d’environ 13% (33% versus 46%).  

L’existence de trajectoires similaires de récidive sur le plan clinique, que l’on soit sous médicament actif ou que l’on soit sous placebo suggère qu’il n’existe pas de signature spécifique de récidive associée à une interruption du médicament antidépresseur. De plus, une poursuite du traitement n’offre qu’une protection modeste contre la récidive. Ces données mettent en lumière le besoin d’incorporation de stratégies de traitement incluant la prévention des récidives comme partie prenante dans le traitement de la dépression.  Dr Ralitza Guerguieva, PhD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 8 février 2017

Financement : National Institutes of Health, the US Department of Veterans Affairs Alcohol Research Center, et National Center for Post-Traumatic Stress Disorder.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ