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vendredi 24 août 2018

#thelancet #alcool #risquesurlasante Consommation d’alcool et fardeau qui en résulte dans 195 pays et territoires sur la période 1990 - 2016 : analyse systématique menée dans le cadre l’Étude sur la Charge Mondiale de Morbidité 2016

(...). Tout bénéfice sur la santé du à une faible consommation d'alcool pèse moins lourd que d'autres dommages causés simultanément à la santé.    

La consommation d’alcool est facteur de risque majeur de décès et d’invalidité, mais l’association entre alcool et santé reste difficile à définir du fait des possibles effets protecteurs d’une consommation modérée d’alcool sous certaines conditions. Avec notre approche globale de la santé développée dans le cadre de l’Étude sur la Charge Mondiale de Morbidité, de Blessures, et de Facteurs de Risques 2016, nous avons produit des estimations améliorées de la consommation d’alcool et de décès attribuables à l’alcool en termes d’années de vie corrigées du facteur d’invalidité (AVCI) pour 195 lieux de 1990 à 2016, pour les deux sexes et pour 5 groupes d’âge entre l’âge de 15 ans et l’âge de 95 ans et plus.

Utilisant 694 sources de données relatives à la consommation d’alcool (…), de pair avec 592 études prospectives et rétrospectives de risques dus à la consommation d’alcool, nous avons produit des estimations de prévalence actuelle de l’alcoolisme, d’abstention, de distribution d’alcool sous forme de consommations chez les buveurs en termes de « verres standard » d’alcool consommé (1 - un – verre standard = 10 g d’éthanol pur), de décès attribuables à l’alcool et d’AVCIs. Nous avons réalisé plusieurs améliorations méthodologiques en comparaison des estimations précédentes : premièrement, nous avons ajusté les estimations de vente d’alcool pour prendre en considération la consommation dans le secteur du tourisme et la consommation non-enregistrée ; deuxièmement, nous avons effectué une méta-analyse des risques relatifs sur 23 effets différents sur la santé liés à la consommation d’alcool ; et troisièmement, nous avons développé une nouvelle méthode de quantification du niveau de consommation d’alcool minimisant le risque global sur la santé individuelle.

Globalement, la consommation d’alcool a été évaluée comme étant le septième facteur risque majeur comptant pour les décès et les AVCIs en 2016, contribuant pour 2.2% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.5-3.0) des décès standardisés pour l’âge chez les femmes et 6.8% (5.8-8.0) des décès standardisés pour l’âge chez les hommes.
Parmi les 15-49 ans, la consommation d’alcool représentait le facteur de risque majeur, globalement, en 2016, avec 3.8% (IC 95% 3.2-4.3) des décès chez les femmes et 12.2% (IC 95% 10.8-13.6) des décès chez les hommes, attribuables à la consommation d’alcool. Toujours chez les 15-49 ans, le taux d’AVCIs attribuables à l’alcool s’élevaient à 2.3% (IC 95% 2.0-2.6) chez les femmes et à 8.9% (7.8-9.9). Les trois causes majeures de décès attribuables dans ce groupe d’âge était tuberculose (1.4% [IC 95% 1.0-1.7] de la totalité des décès), accidents de la route (1.2% [0.7-1.9]), et automutilations (1.1% [0.6-1.5]). Pour les 50 ans et plus, les cancers ont contribué dans une grande proportion de la totalité des décès attribuables à l’alcool en 2016, contribuant pour 27.1% (IC 95% 21.2-33.3) de la totalité des décès imputables à l’alcool chez les femmes et 18.9% (15.3-22.6) des décès chez les hommes. Le niveau de consommation d’alcool minimisant le risque était zéro (IC 95% 0.0-0.8) « verres standard » par semaine, quel que soit l’effet - sur les 23 effets sur la santé pris en considération -.

La consommation d’alcool est un facteur de risque majeur pour ce qui est du fardeau global de morbidité ; elle est la cause de substantielles altérations de la santé. Nos résultats montrent que le risque de mortalité toutes causes confondues, et plus spécifiquement celle due aux cancers, augmente avec l’élévation des niveaux de consommation, et que le niveau de consommation minimisant les risques sur la santé est zéro. Ces résultats suggèrent que les politiques de contrôle de l’alcool devraient subir de profondes révisions au niveau mondial, en accentuant les efforts pour diminuer la consommation au niveau de la population globale. Ensemble des Collaborateurs du Groupe GBD 2016 Alcohol, publication en ligne en avant-première, 23 août 2018

Financement : Fondation Bill & Melinda Gates

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ  

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