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mercredi 3 octobre 2018

#thelancet #diabètedetype2 #maladiescardiovasculaires #albiglutide Albiglutide et issues cardiovasculaires chez des patients atteints de diabète de type 2 et de maladie cardiovasculaire (Résultats HARMONY) : essai en double – aveugle, randomisé contrôlé par placebo

L'obésité est un relais entre diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Figure3_digest5.jpg

Les agonistes du récepteur du GLP-1 (peptide-1 de type glucagon) diffèrent quant à leur structure chimique, la durée de leur action, et leurs effets sur les issues cliniques. Les effets cardiovasculaires de l’administration monohebdomadaire d’albiglutide dans le diabète de type 2 restent inconnus. Notre but était de déterminer l’innocuité et l’efficacité de l’albiglutide dans la prévention de la mort cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde, ou l’AVC.

Nous avons réalisé un essai en double-aveugle, randomisé, contrôlé par placebo dans 610 sites situés dans 28 pays. Nous avons réparti au hasard les patients atteints de diabète de type 2 et de maladie cardiovasculaire âgés de 40 ans ou plus (ratio 1:1) dans le groupe recevant l’albiglutide par injection sous-cutanée (30-50 mg, sur la base de la réponse glycémique et de la tolérance) ou le volume injecté correspondant de placebo une fois par semaine, en complément du traitement standard. Les investigateurs ont fait usage d’un système internet de réponse vocale interactive pour obtenir la répartition des traitements ; puis, ni les patients, ni l’ensemble des investigateurs de l’étude n’avaient accès au tableau d’allocation des traitements. Notre hypothèse de départ était que l’albiglutide serait non-inférieure au placebo pour ce qui est du paramètre principal de mesure, à savoir l’occurrence de la première mort cardiovasculaire, d’infarctus du myocarde, ou d’AVC, évaluées dans la population en intention-de-traiter. Si la non-infériorité était confirmée par une limite supérieure de l’intervalle de Confiance [IC] 95% pour un hazard ratio inférieur à 1.30, un essai fermé de supériorité était prévu. (…).

Les patients ont été sélectionnés entre le 1er juillet 2015 et me 24 novembre 2016. 10 793 patients ont été sélectionnés et 9463 patients ont été recrutés et répartis dans les groupes : 4 731 patients ont été assignés au groupe recevant albiglutide et 4723 patients au groupe recevant le placebo. En date du 8 novembre 2017, il a été déterminé que 611 paramètres principaux et une médiane de suivi d’au moins 1.5 ans étaient pris en compte, et les participants sont revenus pour une consultation finale et une sortie d’étude ; la dernière consultation de patient d’étude a eu lieu le 12 mars 2018. Ces 9 463 patients représentant la population en intention de traiter, étaient évalués une période médiane de 1.6 ans pour le résultat principal de l’étude. Le paramètre principal composite était relevé chez 338 (7%) 4 731 patients avec un taux d’incidence de 4.6 évènements pour 100 personnes-années dans le groupe albiglutide et chez 428 (9%) patients sur 4 732 patients avec un taux d’incidence de 5.9 évènements pour 100 personnes-années dans le groupe placebo (hazard ratio 0.78, IC 95% 0.68-0.90), indiquant que l’albiglutide était supérieure au placebo (p<0.0001 pour la non-infériorité ; p=0.0006 pour la supériorité). 
L’incidence de pancréatite aigüe (dix patients dans le groupe albiglutide et sept patients dans le groupe placebo), cancer pancréatique (six patients dans le groupe albiglutide et cinq patients dans le groupe placebo), carcinome médullaire de la thyroïde (zéro patient dans chaque groupe), et d’autres évènements indésirables graves n’a pas présenté de différences entre les deux groupes. Trois décès (<1% des patients) sont survenus dans le groupe placebo qui, selon les investigateurs, étaient liés au traitement et deux décès (<1%) dans le groupe albiglutide.

Chez les patients atteints de diabète de type 2 et de maladie cardiovasculaire, l’albiglutide était supérieure au placebo quant aux évènements indésirables majeurs et aux évènements cardiovasculaires. Sur la base des preuves recueillies jusqu’à présent, les agonistes du récepteur au peptide 1 de type glucagon devraient être considérés à part entière dans la stratégie globale de réduction des évènements cardiovasculaires chez les patients atteints de diabète de type 2. Prof Adrian Hernandez, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 2 octobre 2018

Financement : GlaxoSmithKline

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ      
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