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mercredi 5 décembre 2018

#thelancetgastroenterologyandhepatology #cancercolorectal #sigmoïdoscopie Effet sur l’incidence du cancer colorectal et de la mortalité par cancer colorectal d’un examen par sigmoïdoscopie flexible : suivi à long terme de l’essai randomisé US PLCO de dépistage du cancer

Dépistage du cancer colorectal par sigmoïdoscopie flexible
L’examen par sigmoïdoscopie flexible réduit l’incidence du cancer colorectal et la mortalité liée au cancer colorectal. De précédents résultats provenant de l’essai de dépistage des cancers de la Prostate, du Poumon, du Côlon-Rectum et de l’Ovaire (PLCO) ont rapporté une durée médiane de suivi de 12 ans. La question de savoir si le bénéfice est soutenu à long terme et s’il se maintient dans les deux sexes et chez tous les groupes d’âge demeure sans réponse précise. Nous faisons état ici des résultats à long terme à la suite de cinq années supplémentaires de suivi.

Les participants à l’essai PLCO ont été recrutés dans la population générale dans les zones de rassemblement de dix centres de dépistage situés aux États-Unis d’Amérique ; tous les patients étaient naïfs de dépistage et de traitement contre le cancer de la prostate, du poumon, du côlon-rectum ou de l’ovaire. 
De 1993 à 2001, les participants, âgés de 55-74 ans ont été répartis au hasard dans deux groupes ; dans le groupe examen standard ou le groupe examen par sigmoïdoscopie à la ligne de base et à nouveau à 3 ans ou à 5 ans. La randomisation a été réalisée par blocs et stratifiée par centre, âge, et sexe. Le critère principal était la charge de mortalité globale par cause et les critères secondaires incluaient l’incidence tumorale et sa stadification ; la cause de décès était déterminée sans connaissance de quel groupe de patients provenait le sujet décédé. Dans cette analyse, nous avons évalué l’incidence et les taux de mortalité dans leur globalité, par période de temps, et en fonction du sexe, de l’âge à la ligne de base (44-64 ans / 65 – 74 ans), la localisation tumorale (distale/proximale), et le stade de la maladie, sur la population en intention de traiter. (…).

Après une période de suivi de 15.8 ans (Intervalle Interquartile [IQR] 13.2-18.0) pour l’incidence et de 16.8 ans (14.4-18.9) pour la mortalité, l’incidence du cancer colorectal était significativement plus faible dans le groupe d’intervention (1 461 cas ; 12.55 pour 10 000 personnes-années) que dans le groupe traitement standard (1 761 cas ; 15.33 pour 10 000 personnes-années ; Risque Relatif [RR] 0.82, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.76-0.88). De la même façon, la mortalité était plus faible dans le groupe d’intervention (417 décès ; 3.37 pour 10 000 personnes-années) que dans le groupe traitement standard (549 ; 4.48 pour 10 000 personnes-années ; RR 0.75, IC 95% 0.66-0.85). La réduction en termes de mortalité était limitée aux pathologies du colon distal, sans effet significatif sur le colon proximal. Des réductions en incidence étaient significativement plus élevées chez les hommes que chez les femmes (Pinteraction=0.04) et les réductions en mortalité étaient significativement plus importantes dans le groupe d’âge plus avancé (65-74 ans versus 55-64 ans à la ligne de base ; Pinteraction=0.01).

Les diminutions d’incidence du cancer colorectal et de la mortalité grâce au dépistage par sigmoïdoscopie sont soutenues sur le long terme. Les différences en fonction du sexe et de l’âge devraient être examinées dans les autres essais en cours sur le dépistage du cancer colorectal pour aider à clarifier si différentes stratégies de dépistage pouvaient permettre d’obtenir une réduction du risque plus élevée. Eric A Miller, PhD, et al, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, publication en ligne en avant-première, 28 novembre 2018

Financement : Institut National de la Santé des États-Unis (NIH) pour la période de suivi de l’étude

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet / Traduction et adaptation : NZ
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