jeudi 23 mai 2019

#trendsincancer #cancer #voiedesignalisation #hippo La Voie de Signalisation Hippo dans le Cancer : Régulation Aberrante et Opportunités Thérapeutiques

La voie de signalisation Hippo a été initialement mise en évidence chez Drosophila melanogaster comme modulateur clé de la taille des organes. Cette voie de signalisation très hautement conservée est un régulateur de nombreux processus biologiques, dont l’homéostasie cellulaire et immunitaire, la régénération et la réparation cellulaires, et le développement du cancer.  

La voie de signalisation Hippo reste la préoccupation cardinale à la fois en recherche fondamentale et en recherche translationnelle ; et elle constitue un modulateur clé de la biologie du développement. Une dysrégulation de cette voie de signalisation est associée à bon nombre de cancers humains ; de nombreux efforts sont réalisés pour en cibler les composantes clé, afin d’intervenir sur les pathologies. 
Dans cette revue de littérature, nous mettons l’accent sur les dernières recherches en cours de réalisation, relatives au noyau central de la voie de signalisation Hippo dans le cancer. 
Plus spécifiquement, nous discutons plusieurs aberrations génétiques de ces facteurs comme mécanismes pour le développement des cancers, amplification génétique, délétions et fusions de gènes notamment. 
Nous soulignons également le rôle de la voie de signalisation Hippo dans la résistance aux traitements et dans l’immunogénécité tumorale. Enfin, nous résumons les efforts actuels de ciblage de cette voie de signalisation pour le traitement des cancers. Philamer C. Calses, et al, dans Trends in Cancer, publication en ligne en avant-première, 16 mai 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 22 mai 2019

#trendsinendocrinologyandmetabolism #obésité #nanothérapies Promesses des Nanothérapies pour le traitement de l’Obésité

Étapes Suggérées dans l’Administration de Anti-miR-33 Nanoencapsulé dans le Ciblage du Foie.
1 = Nanoencapsulation
2 = Injection Systémique
3 = Ciblage Spécifique
4= Relâchement de Anti-miR-33
5 = Restauration d’un phénotype métabolique sain
L’anti-miR-33 pourrait porter secours au foie atteint de stéatose (foie gras) lorsqu’administré à l’organisme entier. L’augmentation de la concentration en miR-33 inhibe l’expression des gènes dans le foie qui, autrement, stimulerait la signalisation insulinique, l’oxydation des FA, la biogénèse de HDLs, et la sécrétion de bile. L’anti-miR-33 inverse ces effets métaboliques du miR-33 et sauve le foie gras et des effets délétères en aval. (…). Abréviations : FA, acides gras ; HDL, lipoprotéine de haute densité ; WAT, tissu adipeux blanc

L’application des nanotechnologies à la médecine est prometteuse d’une large palette d’outils nouveaux et de nouvelles orientations, partant de diagnostics plus précoces et d’amélioration des techniques d’imagerie, pour la mise au point de thérapies ciblées plus efficaces encore. Ce champ émergent pourrait être d’une aide efficace dans la lutte contre l’obésité, avec les avancées obtenues dans le domaine des systèmes d’administration des médicaments, des neutraceutiques, et des thérapies génétiques et épigénétiques. Son application à l’obésité est encore largement en phase de développement. Ici, nous passons en revue un angle nouveau des nanotechnologies appliqué à aux produits consommables à usage humain et leur utilisation dans le cadre d’applications spécifiques à la lutte contre l’obésité ; notamment celle des nutraceutiques, pour ce qui est des bénéfices et limitations des méthodes nanotechnologiques actuelles. Puis, nous passons en revue les futures applications potentielles dans l’administration de thérapies ARNmi (miRNA dans le texte) génétiques et épigénétiques. Finalement, nous discutons des futures orientations, de la théranostique, de la thérapie combinatoire, et la médecine personnalisée. Garett I. Ash, Dongin Kim, Mahua Choudhury, et al, dans Trends in Endocrinology and Metabolism, publication en ligne en avant-première, 21 mai 2019

Source iconographique, légendaire, et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ  

mardi 21 mai 2019

#thelancetoncology #cancer #CBNPC #atezolizumab #carboplatine Atezolizumab en combinaison avec carboplatine plus chimiothérapie nab-paclitaxel en comparaison de la chimiothérapie seule comme traitement de première ligne du cancer du poumon non à petites cellules non squameux (IMpower130) : essai de phase 3 multicentrique, randomisé en ouvert

Cancer du poumon non à petites cellules peu différencié avec réponse inflammatoire de l'hôte. Les flèches indiquent les cellules tumorales.
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Poorly_differentiated_non-small_cell_carcinoma_NOS_with_a_massive_host_inflammatory_response_-_Case_267_(8597444473).jpg

L’atezolizumab (un anticorps monoclonal dirigé contre PD-L1), qui restaure l’immunité anticancer, a amélioré la survie globale chez les patients ayant déjà reçu un traitement contre le cancer du poumon non à petites cellules au préalable et qui ont également tiré bénéfice clinique lorsque combiné avec une chimiothérapie comme traitement de première ligne du cancer non à petites cellules. Le but de l’essai IMpower130 était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité d’atezolizumab plus chimiothérapie versus chimiothérapie seule comme traitement de première ligne du cancer du poumon non à petites cellules non squameux.

IMpower130 est une étude de phase 3 multicentrique, randomisée en ouvert réalisée dans 131 centres situés dans huit pays (États-Unis d’Amérique, Canada, Belgique, Allemagne, Italie, Espagne, et Israël). Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans ou plus, et étaient atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules de stade IV non squameux confirmé pour histologie ou cytologie et présentaient un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 ou 1, et n’avaient reçu aucune chimiothérapie pour traitement de pathologie au stade IV. Les patients ont été répartis au hasard (2:1 ; par blocs permutés [dimension de bloc = 6] à l’aide d’un système de réponse interactif vocal ou internet) pour recevoir atezolizumab (1 200 mg par voie intraveineuse toutes les 3 semaines) + chimiothérapie (carboplatine [selon la technique de mesures des surfaces sous la courbe des concentrations plasmatiques en fonction du temps 6 mg / mL par minute toutes les 3 semaines] + nab-paclitaxel [100 mg/m2 par voie intraveineuse chaque semaine]) ou chimiothérapie seule sur quatre ou six cycles de 21 jours, suivi d’une thérapie de maintien. Les facteurs de stratification comprenaient le sexe, les métastases hépatiques à la ligne de base, et l’expression tumorale de PD-L1. Les critères d’évaluation principaux étaient la survie sans progression évaluée par l’investigateur et la survie globale dans la population en intention de traiter dite « sauvage » (c’est-à-dire la population aux gènes EGFRwt et ALKwt). La population d’innocuité incluait tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. (…).

Entre le 16 avril 2015 et le 13 février 2017, 724 patients ont été tirés au sort et randomisés par tirage au sort 723 ont été inclus dans la population en intention de traiter (un patient est décédé avant la randomisation […], il a donc été exclu de la population en intention de traiter) du groupe atezolizumab plus chimiothérapie (483 patients dans la population en intention de traiter et 451 patients dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage ») ou du groupe chimiothérapie (240 patients dans la population en intention de traiter et 228 patients dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage »). La médiane de suivi dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage » était similaire entre les groupes (18.5 mois [Intervalle Interquartile -IQR- 15.2-23.6] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 19.2 mois [15.4-23.0] dans le groupe chimiothérapie). Dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage », il y a eu de significatives améliorations en termes de médiane de survie globale (18.6 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 16.0-21.2] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 13.9 mois [12.0-18.7] dans le groupe chimiothérapie; hazard ratio stratifié [HR] 0.79 [IC 95% 0.64-0.98] ; p=0.033) et de médiane de survie sans progression (7.0 mois [IC 95% 6.2-7.3] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 5.5 mois [4.4-5.9] dans le groupe chimiothérapie ; HR stratifié 0.64 [IC 95% 0.54-0.77 ; p<0.0001]). Les événements indésirables de grade 3 ou plus les plus communément rencontrés étaient neutropénie (152 [32%] patients sur les 453 du groupe atezolizumab + chimiothérapie versus 65 [28%] patients sur les 232 du groupe chimiothérapie), anémie (138 [29%] versus 47 [20%]), et diminution des neutrophiles (57 [12%] versus 19 [8%]). Des événements indésirables graves liés au traitement ont été rapportés chez 112 (24%) patients sur 473 dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 30 (13%) patients sur 232 dans le groupe chimiothérapie. Des décès liés au traitement (quel que soit le traitement) sont survenus chez huit (2%) patients sur 473 dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et un (<1%) patient sur 232 dans le groupe chimiothérapie.

IMpower130 a montré une amélioration importante et significative sur le plan clinique de la survie globale et une amélioration significative de la survie sans progression dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie versus chimiothérapie comme traitement de première ligne chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules non squameux, ne présentant pas de mutations des gènes ALK et EFGR. Aucun signal délétère d’innocuité n’a été identifié. Cette étude démontre le bénéfice d’atezolizumab en combinaison avec la chimiothérapie à base de platine, comme traitement de première intention du cancer du poumon non à petites cellules non métastasé. Howard West, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 20 mai 2019

Financement : F. Hoffmann-La Roche.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 20 mai 2019

#thelancetgastroenterologyandhepatology #exclusif #cancerdesvoiesbiliaires #nivolumab #cisplatine #gemcitabine Nivolumab seul ou en combinaison avec cisplatine plus gemcitabine chez des patients japonais atteints de cancer des voies biliaires non résécable ou récidivant : étude de phase 1 non randomisée, multicentrique, ouverte

La douve du foie provoque des infections des voies biliaires qui, vingt ou vingt - cinq ans plus tard, mènent à un cancer des voies biliaires.
Source iconographique et légendaire: https://www.publichealth.va.gov/exposures/publications/agent-orange/agent-orange-2018/liver-fluke.asp

Cette étude avait pour objet l’évaluation de l’innocuité et de la tolérabilité de l’inhibiteur du point de contrôle immunitaire nivolumab, en monothérapie ou combiné à de la chimiothérapie, chez des patients japonais atteints de cancer des voies biliaires.

Cette étude de phase 1 multicentrique, ouverte, a été réalisée dans quatre centres de traitement du cancer au Japon. Les patients, âgés de 20 ans à 70 ans, souffraient d’adénocarcinome des voies biliaires (cancer des canaux biliaires intrahépatiques, cancer des canaux biliaires extrahépatiques, cancer de la vésicule biliaire, ou cancer ampullaire) ; présentant un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 ou 1, des fonctions hépatiques, rénales et hématologiques adéquates, et des échantillons de tissus pour analyse de l’expression de PD-L1. Les patients atteints de cancer des voies biliaires non résécable ou récidivant, qui était réfractaire ou intolérant aux régimes de traitement à base de gemcitabine, recevaient du nivolumab en monothérapie (240 mg toutes les 2 semaines [cohorte de monothérapie]). Les patients atteints de cancer des voies biliaires non résécable ou récidivant, qui n’avaient jamais reçu de chimiothérapie auparavant, recevaient du nivolumab (240 mg toutes les deux semaines) et une chimiothérapie comprenant cisplatine (25 mg / m2) plus gemcitabine (1000 mg / m2) (cohorte de thérapie combinée). L’objectif principal était l’évaluation de la tolérabilité et de l’innocuité. L’objectif principal était évalué dans la population de mesure de l’innocuité constituée de tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de nivolumab. (…).

30 patients ont été recrutés dans chaque cohorte entre le 13 janvier 2016 et le 19 avril 2017. La date de fermeture des fichiers de recueil des données était le 31 août 2017. Dans la cohorte de monothérapie, les événements indésirables liés au traitement les plus fréquemment rapportés étaient diminution de l’appétit (cinq [17%]), malaise (quatre [13%]), et démangeaison (quatre [13%]). Des évènements indésirables de grade 3-4 ont été rapportés par trois (10%) patients (démangeaison, éruption cutanée, éruption cutanée maculopapuleuse, et augmentation de l’amylase) et un événement indésirable grave ont été rapporté par un (3%) patient (pleurésie). Dans la cohorte de thérapie combinée, les événements indésirables liés au traitement les plus fréquemment rapportés étaient numération diminuée des neutrophilies (tous grades confondus 25 [83%] patients sur 30 ; de grade 3-4 chez 15 [50%] patients). Six (20%) patients ont rapporté 11 événements indésirables graves liés au traitement (diminution de numération des plaquettes [trois patients], neutropénie fébrile [deux patients], diminution de numération des neutrophiles, anémie, réaction anaphylactique, diminution de l’appétit, pyrexie, et myocardite [un patient pour chacun des événements]). Dans la cohorte de monothérapie (30 sujets), la médiane de survie globale était de 5.2 mois (Intervalle de Confiance [IC] 90% 4.5-8.7), la moyenne de survie sans progression était de 1.4 mois (IC 90% 1.4-1.4), et un patient sur les 30 a présenté une réponse objective au traitement. Dans la cohorte de thérapie combinée (30 sujets), la médiane de survie globale était de 15.41 mois (IC 90% 11.8-non estimable), la moyenne de survie sans progression était de 4.2 mois (IC 90% 2.8-5.6), et 11 patients sur les 30 ont présenté une réponse objective.

Le nivolumab a présenté un profil d’innocuité gérable et des signes d’activité clinique chez des patients atteints de cancer des voies biliaires non résécable ou récidivant. Cette évaluation initiale du nivolumab pour le traitement du cancer des voies biliaires avancé fournit des éléments de preuve pour la mise en place d’études randomisées de plus grande ampleur d’évaluation du nivolumab dans ce cancer difficile à traiter. Makoto Ueno, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne en avant-première, 17 mai 2019

Financement : Ono Pharmaceutical Co Ltd et Bristol-Myers Squibb Inc.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ    

vendredi 17 mai 2019

#thelancetdiabetesandendocrinology #diabètedetype2 #inversion Compréhension des mécanismes d’inversion du diabète de type 2

Vue par tomodensitométrie d'un foie atteint de stéatose (foie gras)
Source: Science Photo Library

Différentes études cliniques et physiopathologiques ont montré que le diabète de type 2 est une pathologie dont la cause principale est l’accumulation en excès des lipides dans le foie et le pancréas, même si ladite accumulation de lipides est réversible. Dans le foie, l’excès de lipides aggrave la réponse hépatique à l’insuline, menant à une production de glucose hépatique augmentée. Dans le pancréas, la cellule β semble entrer dans un mode de survie et ne plus fonctionner du fait d’un stress métabolique induit par les lipides. Le retrait des lipides présents en excès dans ces organes par une perte de poids substantielle peut normaliser la réponse hépatique à l’insuline ; et, dans les premières années suivant le diagnostic, s'associer à une restauration de la sécrétion insulinique aigue par les cellules β chez beaucoup de sujets, vraisemblablement par la redifférenciation. Pris dans leur ensemble, ces changements peuvent normaliser la glycémie. Plus important encore, l’essai clinique « Diabetes Remission Clinical Trial » (DiRECT) effectué en unités de soins primaires, a montré que 46% des personnes atteintes de diabète de type 2 peuvent présenter une rémission 12 mois après le diagnostic, et 36% à 24 mois, médiée par une perte de poids corporel. Ce changement majeur de notre compréhension des mécanismes sous-jacents de la maladie permet une remise à niveau des conseils prodigués aux personnes atteintes par le diabète de type 2. Prof Roy Taylor, MD, et al, dans The Lancet Diabetes and Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 13 mai 2019

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 16 mai 2019

#thelancetrespiratorymedicine #mésothéliomemalin #nintedanib #pemetrexed #cisplatine Nintedanib en combinaison avec pemetrexed et cisplatine chez des patients n’ayant jamais reçu de chimiothérapie, atteints de mésothéliome malin pleural avancé (LUME-Meso) : essai de phase 3 en double-aveugle, randomisé et contrôlé par placebo

Mésothéliome Epithéloïde Malin
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Malignant_epithelioid_mesothelioma_-_calretinin_-_intermed_mag.jpg

Le nintedanib cible les récepteurs VEFG 1-3, les récepteurs PDGF 1-3, Src et Abl kinases, qui sont tous impliqués dans la pathogénèse de mésothéliome malin pleural. Ici, nous rapportons les résultats finaux de la partie réalisée en phase 3 de l’essai LUME-Meso, dont le but était de poursuivre des investigations sur l’efficacité et l’innocuité de pemetrexed plus cisplatine en combinaison avec le nintedanib ou le placebo dans les cas de mésothéliome pleural malin non résécable.

Cet essai de phase 3 randomisé, contrôlé par placebo, était réalisé dans 120 centres médicaux universitaires et cliniques communautaires dans 27 pays dans le monde. Des adultes n’ayant jamais reçu de chimiothérapie (d’âge ≥ 18 ans) atteints de mésothéliome épithélioïde malin pleural non résécable présentant un statut de rendement ECOG de 0 à 1 ont été répartis de manière aléatoire (1:1) à l’aide d’un système générateur de nombres aléatoires matériel (…) pour recevoir du pemetrexed (500 mg / m2) plus cisplatine (75 mg / m2) au jour 1, puis nintedanib (200 mg deux fois par jour) ou le placebo correspondant, des jours 2 à 21 sur un cycle de 21 jours; sur une période de temps de 6 cycles au plus. Les patients sans progression de la maladie après six cycles ont reçu du nintedanib ou le placebo aux jours 1 à 21 de chaque cycle. Le critère principal était la survie sans progression (selon l’évaluation de l’investigateur réalisée selon les critères RECIST) dans la population en intention de traiter. L’innocuité était évaluée chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude qui leur était assigné. (…).

Entre le 14 avril 2016 et le 5 janvier 2018, 541 patients ont été sélectionnés et 458 ont été assignés soit au groupe nintedanib (n=229) soit au groupe placebo (n=229). La durée médiane de traitement était de 5.3 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 2.8-7.3) dans le groupe nintedanib et de 5.1 mois (2.7-7.8) dans le groupe placebo. (…) La survie sans progression n’était pas différente entre le groupe nintedanib (médiane = 6.8 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 6.1-7.0]) et le groupe placebo (7.0 mois [6.7-7.2] ; HR 1.01 [IC 95% 0.79-1.30], p=0.91). L’évènement indésirable de grade 3 ou plus le plus fréquemment rapporté était neutropénie (73 [32%] dans le groupe nintedanib versus 54 [24%] dans le groupe placebo). Des évènements indésirables graves ont été rapportés chez 99 (44%) patients du groupe nintedanib et chez 89 (39%) patients du groupe placebo. Le seul évènement indésirable grave survenant chez au moins 5% des patients de chaque groupe était embolie pulmonaire (13 [6%] versus sept [3%]).

Le critère principal relatif à la survie sans progression de la partie réalisée en phase 3 de l’essai LUME-Meso n’a pas été atteint et les résultats obtenus lors de la partie réalisée en phase 2 de l’essai n’a pas été confirmée. Aucun résultat inattendu d’innocuité n’a été rapporté. Prof Giorgio V Scagliotti, MD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 15 mai 2019

Financement : Boehringer Ingelheim

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 15 mai 2019

#thelancetoncology #myelomemultiple #pomalidomide #bortezomib #dexamethasone Pomalidomide, bortezomib, et dexamethasone chez des patients atteints de myélome multiple récidivant ou réfractaire, préalablement traités au lenalidomide (OPTIMISMM) : essai de phase 3 randomisé, ouvert

Cellules de myélome
Source iconographique: https://visualsonline.cancer.gov/details.cfm?imageid=4563

À un moment où le lenalidomide prend une croissante importance en tant que traitement de première intention du myélome multiple, les patients réfractaires à ce médicament représentent une population aux besoins thérapeutiques insatisfaits. La combinaison pomalidomide, bortezomib, et dexamehazone a montré des résultats prometteurs dans des essais de phase 1/2 réalisés chez des patients atteints de myélome multiple récidivant ou réfractaire. Notre but était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de cette triple combinaison de produits chez des patients atteints de myélome multiple récidivant ou réfractaire, ayant déjà reçu un traitement à la lenalidomide.

Nous avons réalisé un essai ouvert de phase 3 dans 133 hôpitaux et centres de recherche situés dans 21 pays. Nous avons recruté des patients (d’âge ≥ 18 ans) présentant le diagnostic de myélome multiple évaluable et mesurable et avec statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 à 2, qui avaient reçu de un à trois traitements au préalable, traitements comprenant de la lenalidomide inclus sur au moins deux cycles consécutifs. Nous avons réparti les patients au hasard en deux groupes (1:1) pour recevoir [bortezomib + dexamethazone] avec ou sans pomalidomide à l’aide d’un système par permutation de blocs (blocs de quatre) selon l’âge, le nombre de traitements préalablement suivis, et la concentration en ß2 microglobuline à la sélection.  Le bortezomib (1.3 mg/m2) était administré par voie intraveineuse jusqu’au premier amendement de protocole puis par voie intraveineuse ou sous-cutanée aux jours 1, 4, 8, et 11 au cours des huit premiers cycles, puis aux jours 1 et 8. La dexamethazone (20 mg [10 mg si âge ≥ 75 ans]) était administrée per os aux mêmes jours d’administration que celle du bortezomib plus le jour d’après. Les patients recevant la pomalidomide la recevaient per os à raison de 4 mg par jour aux jours 1 à 14. Les cycles de traitements se déroulaient tous les 21 jours. Le critère principal d’évaluation était la survie sans progression dans la population en intention de traiter, évaluée par un comité d’experts indépendant. L’innocuité était évaluée chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. (…). Le recrutement des patients participant à cet essai est à présent terminé.     

Enter le 7 janvier 2013 et le 15 mai 2017, 559 patients ont été recrutés. 281 patients ont été alloués par tirage au sort au groupe recevant pomalidomide, bortezomib, et dexamethazone et 278 ont été alloués par tirage au sort au groupe recevant bortezomib et dexamethazone. La durée moyenne de suivi était de 15.9 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 9.9-21.7). La pomalidomide, le bortezomib et la dexametasone ont amélioré de manière significative la survie sans progression en comparaison de bortezomib et dexamethasone (11.2 mois en moyenne [Intervalle de Confiance -IC- 95% 9.66-13.73] versus 7.10 mois [5.88-8.48] ; hazard ratio 0.61, IC 95% 0.49-0.77 ; p<0.0001). 278 patients ont reçu au mois une dose de pomalidomide, bortezomib et dexamethasone et 270 patients ont reçu au moins une dose de bortezomib et dexamethasone ; et ces patients ont été inclus dans les évaluations de l’innocuité des traitements. Les évènements indésirables de grade 3 ou 4 apparaissant sous traitement les plus communément relevés étaient neutropénie (116 [42%] patients sur 278 versus 23 [9%] patients sur 270 ; neuf [3%] versus aucun patient ont présenté une neutropénie fébrile), infections (86 [31%] versus 48 [18%]), et thrombocytopénie (76 [27%] versus 79 [29%]). Des évènements indésirables graves ont été rapportés chez 159 (57%) patients sur 278 versus 114 (42%) patients sur 270. Huit décès étaient liés au traitement ; six (2%) ont été enregistrés chez les patients recevant la pomalidomide, le bortezomib et dexamethasone (pneumonie [n=2], cause inconnue [n=2], arrêt cardiaque [n=1], arrêt cardiorespiratoire [n=1]) et deux (1%) ont été rapportés chez des patients recevant bortezomib et dexamethasone (peumonie [n=1], encéphalopathie hépatique [n=1]).

Les patients atteints de myélome multiple récidivant ou réfractaire, qui avaient préalablement reçu de la lenalidomide ont bénéficié d’une amélioration significative de leur survie sans progression lorsque traités avec pomalidomide, bortezomib, et dexamethasone en comparaison de ceux traités avec bortezomib et dexamethasone. Les évènements indésirables étaient conformes aux profils de pomalidomide, bortezomib et dexamethasone. Cette étude soutient l’utilisation de pomalidomide, bortezomib et dexamethasone comme option de traitement chez des patients atteints de myélome multiple récidivant ou réfractaire qui avaient précédemment reçu du lenalidomide. Paul G Richardson MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 13 mai 2019

Financement : Celgene

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ