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mardi 26 septembre 2017

#thelancetoncology #CBNPC #dacomitinib #gefitinib #REGF Dacomitinib versus geftinib comme traitement de première ligne chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules positif pour les mutations de l’EGFR (ARCHER 1050) : essai de phase 3, randomisé, ouvert

Dacomitinib. Le dacomitinib est un candidat médicament pour le traitement du cancer du poumon non à petites cellules, développé par Pfizer.
Source iconographique et légendaire: https://en.wikipedia.org/wiki/Dacomitinib
Le dacomitinib est un inhibiteur irréversible de deuxième génération de la tyrosine kinase (ITK) du REGF. Nous avons comparé son efficacité et son innocuité avec celles de l’inhibiteur réversible de la tyrosine kinase du REGF gefitinib pour le traitement de première intention chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC) avancé, positif pour les mutations du REGF.

Dans cet essai ouvert de phase 3, multicentrique, international (ARCHER 1050), nous avons recruté des adultes (d’âge ≥ 18 ans ou d’âge ≥ 20 ans au Japon et en Corée du Sud) atteints d’un CBNPC avancé nouvellement diagnostiqué présentant une mutation du REGF (délétion de l’exon 19 ou Leu858Arg) dans 71 centres médicaux académiques et hôpitaux universitaires situés dans sept pays ou régions administratives spécifiques. Nous avons réparti les participants de manière aléatoire (1:1) pour recevoir 45 mg/jour de dacomitinib (cycles de 28 jours) par voie orale ou 250 mg/jour de gefitinib (cycles de 28 jours) jusqu’à progression de la maladie ou satisfaction aux critères de sortie d’étude. La randomisation, stratifiée par ethnie et type de mutation EGFR, était réalisée à l’aide d’une séquence aléatoire de codes de randomisation générée par un système informatique de réponse internet interactive.  Le critère principal d’évaluation était la survie sans progression de la maladie évaluée en l’aveugle par un comité d’examen indépendant dans la population en intention de traiter. L’innocuité a été évaluée chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. Cette étude, pour laquelle le recrutement des patients est clos (…) est toujours en cours.

Entre le 9 mai 2013 et le 20 mars 2015, 452 patients éligibles ont été tirés au sort pour recevoir le dacomitinib (n=227) ou le gefitinib (n=225). La durée médiane de suivi pour évaluation de la survie sans progression était de 22.1 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95% 20.3-23.9). La médiane de survie sans progression était de 14.7 mois (IC 95% 11.1-16.6) dans le groupe dacomitinib et de 9.2 mois (9.1-11.0) dans le groupe gefitinib (hazard ratio 0.59, IC 95% 0.47-0.74 ; p<0.0001), selon l’évaluation en aveugle effectuée par le comité d’examen indépendant.
Les événements indésirables de grade 3-4 les plus communément rencontrés étaient dermatite acnéiforme (31 [14%] patients sur les 227 recevant le dacomitinib versus aucun patient sur les 224 patients recevant le gefitinib), diarrhée (19 [8%] versus deux [1%]) et élévation des niveaux d’alanine aminotransférase (deux [1%] versus 19 [8%]). Les événements indésirables graves liés aux traitements ont été rapportés chez 21 (9%) patients sous dacomitinib et chez dix (4%) patients sous gefitinib. Deux décès reliés aux traitements sont survenus dans le groupe dacomitinib (un décès relié à une diarrhée non traitée et un décès relié à une cholélithiase du foie) et un dans le groupe gefitinib (lié à une diverticulite / rupture du colon sigmoïde compliquée d’une pneumonie).

Le dacomitinib administré comme traitement de première ligne a amélioré la survie sans progression chez les patients atteints de CBNPC positif pour les mutations de l’EGFR en comparaison du gefitinib ; le dacomitinib devrait donc être pris en considération comme une nouvelle option de traitement chez ces patients.  Prof Yi-Long Wu, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 25 septembre 2017

Financement : SFJ Pharmaceuticals Group et Pfizer

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

lundi 25 septembre 2017

#thelancet #maladiescardiovasculaires #activitéphysique Effet d’une activité physique sur la mortalité et les maladies cardiovasculaires chez 130 000 sujets issus de 17 pays à haut revenu, à revenu intermédiaire et à bas revenu : Étude PURE

Chantier solidaire au Vietnam. Les personnages, hommes et femmes présents sur cette photographie, s'adonnent ici à une activité physique non-récréative.
Source iconographique: https://www.terdav.com/ps-vietnam/rn-centre-vietnam/tp-circuit-accompagne/at-decouverte/vie900--rencontres-chantier-solidaire-ethnie-tay
L’activité physique a un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires (CVD) dans les pays à haut revenu, où l’activité physique est principalement récréative, mais on ne sait pas si cet effet protecteur est aussi observé dans les pays à revenu moins élevé, où l’activité physique est principalement non-récréative. Nous avons examiné si différents niveaux d’activité physique sont associés à une plus faible mortalité et une plus faible prévalence de CVD dans les pays à niveaux économiques différents.

Dans cette étude prospective de cohorte, nous avons recruté des participants provenant de 17 pays (Canada, Suède, Émirats Arabes Unis, Argentine, Brésil, Chili, Pologne, Turquie, Malaisie, Afrique du Sud, Chine, Colombie, Bengladesh, Inde, Pakistan, et Zimbabwe). Dans chaque pays, les zones urbaines et rurales, au centre et à la périphérie de localités et de villes sélectionnées, ont été identifiées pour refléter la diversité géographique. Nous avons des sujets âgés de 35 ans à 70 ans prévoyant de ne pas changer d’adresse dans les quatre prochaines années au minimum. L’activité physique totale a été évaluée à l’aide de Questionnaires Internationaux sur l’Activité Physique (IPQA). Les participants atteints d’une CVD préexistante ont été exclus des analyses. La mortalité et les CVDs ont été enregistrés au cours d’une période de suivi moyenne de 6.9 ans. Les critères d’évaluation préciliniques principaux au cours de la période de suivi étaient la mortalité et l’occurrence d’une CVD grave (mortalité due à un CVD, nouveaux cas d’infarctus du myocarde, AVC, ou insuffisance cardiaque), soit pris ensemble, soit pris individuellement. Les effets de l’activité physique sur la mortalité et la CVD étaient ajustés par rapports aux facteurs sociaux-démographiques et autres facteurs de risque prenant en compte les travaux ménagers, ainsi que les regroupements communautaires et regroupements entre pays.

Entre le 1er janvier 2003, et le 31 décembre 2010, 168 916 participants ont été recrutés, dont 141 945 ont entièrement répondu aux questionnaires IPAQ. Les analyses étaient limitées aux 130 843 participants sans CVD préexistante. En comparaison d’une activité physique faible (< 600 équivalents métaboliques [MET] x minutes par semaine ou < 150 minutes par semaine d’activité physique modérée), modérée (600-3000 MET x minutes ou 150-750 minutes par semaine) et activité physique élevée (>3 000 MET x minutes ou > 750 minutes par semaine) étaient associées à une réduction progressive de la mortalité (hasard ratio 0.80, Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.74-0.87 et 0.65, 0.60-0.71 ; p<0.0001 pour la tendance), et des CVDs graves (0.86, 0.78-0.93 ; p<0.001 pour la tendance). Une activité physique plus élevée était associée à un risque diminué de CVD et de mortalité dans les pays à haut revenu, revenu intermédiaire, et faible revenu. (…).

Une activité physique plus élevée, qu’elle soit récréative ou non récréative, était associée à un risque diminué de mortalité et d’événements cardiovasculaires (CVDs) chez des individus provenant de pays à faible revenu, à revenu intermédiaire, et à revenu élevé. L’augmentation du niveau d’activité physique est une stratégie simple, largement applicable partout, d’un coût abordable, qui pourrait permettre de réduire la mortalité et les CVDs survenant à un âge moyen. Dr Scott A Lear, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 21 septembre 2017.

Financement : Population Health Research Institute, the Canadian Institutes of Health Research, Heart and Stroke Foundation of Ontario, Ontario SPOR Support Unit, Ontario Ministry of Health and Long-Term Care, AstraZeneca, Sanofi-Aventis, Boehringer Ingelheim, Servier, GSK, Novartis, King Pharma, and national and local organisations in participating countries that are listed at the end of the Article.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ      

vendredi 22 septembre 2017

#trendsinpharmacologicalsciences #hallucinogènes Drogues psychédéliques en biomédecine

Champignons hallucinogènes
Source:http://www.prevention.ch/hallucinogenes.htm
Les drogues psychédéliques (hallucinogènes), comme le diéthylamide de l’acide lysergique (LSD), la mescaline, et la psilocybine, exercent de profonds effets sur le cerveau et le comportement. Après des décennies d’études difficiles sur ces produits, les hallucinogènes sont à nouveau testés comme traitements potentiels de troubles biomédicaux incurables. La recherche préclinique dans le domaine de la neuroimagerie humaine et les essais cliniques pilotes portant sur les "psychédéliques" suggèrent que ces composés pourraient être prometteurs pour traiter les addictions, la dépression, l’anxiété, et d’autres maladies. Cependant, beaucoup de questions relatives à leurs mécanismes d’action, l’innocuité de leur administration, et leur efficacité restent ouvertes. Ici, nous passons en revue les données précliniques et cliniques récemment obtenues dans le domaine, discutons leurs mécanismes pharmacologiques d’action, et présentons les questions cruciales qui seront l’objet de futures études sur les hallucinogènes, dans le but rentabiliser au mieux les bénéfices potentiels de la biomédecine dite psychédélique auprès des patients. Evan J Kyzar, et al, dans Trends in Pharmacological Sciences, publication en ligne en avant-première, 22 septembre 2017


Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 21 septembre 2017

#thelancet #dondusang Efficacité et innocuité de la variation de fréquence du don de sang total (INTERVAL): essai randomisé sur une population de 45 000 donneurs

4 dons de sang total par an pour une femme et 6 dons de sang total par an pour un homme sont actuellement autorisés en France. On peut donner jusqu'à l'âge de 70 ans.
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Don_du_Sang_2013.jpg 
Les limites sur la fréquence du don de sang total sont mues par l’exigence de préservation de la santé du donneur. Cependant, il existe des variations substantielles concernant la fréquence maximale autorisée des dons selon les services considérés, en charge de la gestion des dons de sang. Nous avons comparé les pratiques standard en la matière au Royaume – Uni avec les intervalles inter-dons plus courts, appliqués dans d’autres pays.

Dans cet essai pragmatique, randomisé, à groupes parallèles, nous avons recruté des donneurs de sang total, âgés de 18 ans et plus, dans 25 centres situés en Angleterre (Royaume – Uni). À l’aide d’un algorithme de séquence aléatoire de randomisation généré par ordinateur, nous avons réparti des sujets de sexe masculin (1:1:1) dans des groupes de prélèvement pour don de sang à intervalles de 12 semaines (pratique standard) versus 10 semaines versus 8 semaines respectivement, et des sujets de sexe féminin dans des groupes de prélèvement pour dons de sang à intervalles de 16 semaines (pratique standard) versus 14 semaines versus 12 semaines. Les participant(e)s avaient accès au tableau de répartition des sujets dans les groupes.  Le critère principal d’évaluation était le nombre de dons sur 2 ans. Les critères secondaires d’évaluation liés à l’innocuité étaient la qualité de vie, les symptômes potentiellement reliés au don, l’activité physique, la fonction cognitive, les concentrations en hémoglobine et ferritine, et les défections dues à un niveau bas d’hémoglobine. Cet essai ne recrute désormais plus de patients. (…).

45 263 donneurs de sang total (22 466 hommes, 22 797 femmes) ont été recrutés entre le 11 juin 2012 et le 15 juin 2014. Les données ont été analysées chez 45 042 (99.5%) participant(e)s. Les hommes ont été tirés au sort pour rejoindre les groupes 12 semaines (n=7 452) versus 10 semaines (n=7 449) versus 8 semaines (n=7 456) ; et les femmes pour rejoindre les groupes 16 semaines (n=7 550) versus 14 semaines (7 567) versus 12 semaines (7 568). Chez les hommes, le volume moyen de sang collecté par donneur sur 2 années a augmenté de 1.69 unités (Intervalle de Confiance [IC] 1.59-1.80 ; 795 mL approximativement) dans le groupe 8 semaines, et de 0.79 unités (0.69-0.88 ; 370 mL approximativement) dans le groupe 10 semaines, comparé au groupe 12 semaines (p<0.0001 pour les 2 comparaisons indépendantes).
Chez les femmes, le volume moyen de sang collecté par donneuse a augmenté de 0.84 unités (IC 95% 0.76-0.91) ; 395 mL approximativement) dans le groupe 12 semaines et de 0.46 unités (0.39-0.53 ; 215 mL approximativement) dans le groupe 14 semaines, comparé au groupe 16 semaines (p<0.0001 pour les 2 comparaisons indépendantes).
Aucune différence significative n’a été observée en termes de qualité de vie, d'activité physique, ou de fonction cognitive dans l’ensemble des groupes randomisés. Cependant, une fréquence accrue des dons a eu pour résultat un accroissement des symptômes reliés au don de sang (fatigue, essoufflement, sensation d’évanouissement, étourdissements, jambes sans repos, plus spécialement chez les hommes [pour tous les symptômes évoqués ci-dessus]), concentrations moyennes en hémoglobine et ferritine abaissées, et une fréquence accrue de défections du fait d’une hémoglobine abaissée (p<0.0001 pour chaque paramètre); en comparaison des observations effectuées dans les groupes à fréquence standard de don de sang.

Sur 2 ans, une fréquence accrue d’actes de don de sang par rapport aux pratiques en vigueur au Royaume – Uni a permis de recueillir des volumes de sang significativement plus élevés dans produire d’effets majeurs en termes de qualité de vie, sur l’activité physique, ou sur la fonction cognitive ; toutefois, elle a résulté en une fréquence accrue de prévalence de symptômes reliés au don du sang, défections et déficience en fer. Emanuele Di Angelantonio, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 20 septembre 2017

Financement :  NHS Blood and Transplant, National Institute for Health Research, UK Medical Research Council, and British Heart Foundation.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mercredi 20 septembre 2017

#thelancetpsychiatry #troublebipolairedetype1 #olanzapine Symptôme initial de gravité d’un trouble bipolaire de type 1 et efficacité de l’olanzapine : méta-analyse de données individuelles de patients extraites de cinq études contrôlées par placebo

Phase mélancolique chez un homme atteint de troubles bipolaires. (D'après une photographie de la deuxième moitié du 19ème siècle)
Source: https://en.wikipedia.org/wiki/Bipolar_disorder
L’efficacité des médicaments antipsychotiques, quelle que soit la gravité des symptômes présentés par les patients atteints de manie aigüe à qui ils sont administrés, reste à déterminer. De ce fait, nous avons examiné l’influence de la sévérité des maladies concernées au point de départ sur l’efficacité de l’olanzapine.

Nous avons effectué une méta-analyse de données individuelles de patients extraites d’essais en double – aveugle, randomisés et contrôlés comparant olanzapine versus placebo ; identifiés par le truchement de recherches effectuées sur la base de données www.ClinicalStudyRequest.com en date du 2 février 2016. Nous avons inclus des patients atteints de manie aigüe associée à un trouble bipolaire de type 1. Nous avons examiné l’association entre la ligne de base et les scores de changement selon l’échelle de manie de Young (YMRS ; valeurs mesurées de 0 à 60) jusqu’à 3 semaines pour les groupes olanzapine versus placebo utilisant huit modèles d’effets mixtes compétitifs (…) pour mesures répétées.

Nous avons identifié 33 comptes-rendus, dont cinq ont été évalués comme éligibles ; réunissant les données de 939 patients (552 sous olanzapine et 387 sous placebo). L’interaction entre la gravité des symptômes à la ligne de base et le traitement était significative (β = 0.22, Intervalle de Confiance [IC] 0.05-0.39 ; p=0.013). Plus la gravité de la maladie évaluée à la ligne de base était importante, plus les différences attendues entre les groupes olanzapine et placebo étaient importantes. Le score YMRS moyen estimé était diminué à trois semaines dans les deux groupes ; cette diminution était toutefois plus importante de 2.56 points sous olanzapine par rapport au placebo chez les patients avec un score à la ligne de base de 25-35 (14.26 versus 9.51 ; 0.58, 0.34-0.86), et plus importante de 8.01 points avec un score à la ligne de base de 35-60 (21.72 versus 13.71 ; 0.70, 0.31-1.23).

Les bénéfices d’un traitement à l’olanzapine peuvent être attendus chez les patients à tous niveaux de gravité des symptômes susceptibles d’être pris en charge comme manie aigüe. Les patients les moins atteints semblent tirer un bénéfice moindre en termes de d’efficacité de l’olanzapine, présentant toutefois les mêmes effets secondaires que les patients plus sévèrement atteints.  Ainsi, à la fois les cliniciens et les patients devraient prendre en considération le rapport bénéfice/risque de la prise d’olanzapine et de ses effets additionnels prophylactiques contre les récidives à long terme. La généralisation de ces résultats à d’autres médicaments antipsychotiques, essais cliniques, et pathologies reste à établir. Dr Myrto T Samara, MD, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 19 septembre 2017

Financement : aucun

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ  

mardi 19 septembre 2017

#thelancetrespiratorymedicine #exclusif #sédation #ventilation #chirurgie Interruption immédiate d’une sédation en comparaison d’une sédation habituelle postopératoire chez des patients gravement malades (SOS-Ventilation) : essai clinique randomisé, à groupes parallèles

Ventilation par ballon et masque.
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mask_Ventilation.jpg
L’évitement d’une sédation excessive accompagnée d’une ventilation mécanique prolongée ultérieure -technologie appliquée en Unité de Soins Intensifs (USI)- est recommandée, il n’existe toutefois aucune donnée dans la littérature concernant son application chez les patients postopératoires gravement malades. Nous avons émis l’hypothèse que l’interruption de la sédation suivant immédiatement leur admission en USI pourrait permettre de réduire la fréquence des sédations non-nécessaires et améliorer les résultats chez ces patients.

Nous avons effectué un essai clinique à groupes parallèles dans trois USIs situés en France. La randomisation stratifiée avec minimisation (1:1 par plateforme internet à accès restreint) était appliquée chez des patients éligibles (âgés de 18 ans et plus, admis en USI après chirurgie abdominale et nécessitant une ventilation mécanique d’au moins 12 heures du fait d’une maladie grave définie par un score > 1 de défaillance séquentielle d’organe - quel que soit l’organe considéré -, mais exempts de syndrome aigu de détresse respiratoire ou lésion cérébrale) pour recevoir les soins de sédation habituels selon les méthodes recommandées (groupe de contrôle) ou pour immédiatement interrompre la sédation (groupe d’intervention). Le critère principal d’évaluation était le temps consacré pour parvenir à une extubation réussie (défini par le temps écoulé entre la randomisation et l’extubation (ou retrait d'un masque de trachéotomie […]). Tous les patients ayant subi une randomisation (sauf ceux exclus après la randomisation) étaient inclus dans l’analyse d’intention de traiter. (…).

Entre le 2 décembre 2011 et le 27 février 2014, 137 patients ont été tirés au sort pour être placés dans les groupes de contrôle (n=68) et d’intervention (n=69). Dans l’analyse d’intention de traiter, le temps écoulé jusqu’à l’extubation était significativement plus bas dans le groupe d’intervention que dans le groupe de contrôle (période médiane de 8 h [Intervalle Interquartile -IQR- 4-36] versus 50 h [29-93] ; différence entre les groupes -33.6 h [Intervalle de Confiance -IC- de -44.9 à -22.4] ; p<0.0001). Les odds ratios ajustés étaient de 5.2 (IC 95% 3.1-8.8, p<0.0001).

L’immédiate interruption de la sédation chez des patients postopératoires gravement malades présentant une dysfonction organique ; admis en USI juste après une chirurgie abdominale a amélioré les résultats en comparaison de la poursuite d’une sédation habituelle. Ces résultats suggèrent d’immédiatement interrompre la sédation chez ces patients suivant leur sortie de salle d’opération. Prof Gérald Chanques, et al, MD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 18 septembre 2017

Financement : Délégation à la Recherche Clinique et à l'Innovation du Groupement de Coopération Sanitaire de la Mission d'Enseignement, de Recherche, de Référence et d'Innovation (DRCI-GCS-MERRI) de Montpellier-Nîmes.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ       

lundi 18 septembre 2017

#thelancetdiabetesandendocrinology #diabètedetype1 #HbA1c #dapaglifozine Efficacité et innocuité de la dapagliflozine chez des patients atteints d’un diabète de type 1 non contrôlé de manière adéquate (DEPICT-1) : résultats à 24 semaines d’un essai de phase 3 multicentrique, en double-aveugle, randomisé, contrôlé.

L'insuline est synthétisée et sécrétée par les îlots du pancréas endocrine. Chez les patients diabétiques de type 1, Le pancréas est en situation de total tarissement d'insuline, à la fois sur le plan de la synthèse et sur le plan de la sécrétion. Il faut alors recourir à l'administration d'insuline de substitution
Source iconographique:  https://simple.wikipedia.org/wiki/Diabetes_mellitus#/media/File:Pancreas_insulin_beta_cells.png
La dapaglifozine est un inhibiteur du cotransporteur sodium-glucose - 2 (SGLT-2) ratifié pour le traitement du diabète de type 2. Notre but était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de la dapaglifozine comme traitement d’appoint à l’insuline injectée en continu sous forme de débit ajustable chez des patients atteints de diabète de type 1 non contrôlé de manière adéquate.

DEPICT-1 est un essai de phase 3 multicentrique, à trois bras, randomisé, en double-aveugle, à groupes parallèles, effectué au niveau de 143 sites situés dans 17 pays. Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans à 75 ans, présentaient un diabète de type 1 non contrôlé de manière adéquate ([HbA1c] située entre 7.7% et 11.0% [≥ 61.0 mmol/mol et ≤ mmol/mol]) et chez qui il avait été prescrit de l’insuline pendant au moins les 12 mois précédant leur recrutement. Après une période préparatoire de 8 semaines permettant d’optimiser la gestion du diabète, les patients ont été tirés au sort (1:1:1) à l’aide d’un système vocal interactif pour recevoir dapaglifozine 5 mg une fois par jour ou  dapaglifozine 10 mg une fois par jour, per os, ou le placebo correspondant. La randomisation a été stratifiée par l’utilisation de monitorage du glucose en temps réel, la méthode d’administration de l’insuline, et [HbA1c] à la ligne de base. Le critère principal d’efficacité était le changement de [HbA1c] après 24 semaines de traitement, par rapport à la ligne de base dans l’ensemble d’analyse intégral, comprenant l’ensemble des patients randomisés qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude. 55 patients supplémentaires, qui n’avaient pas été randomisés correctement et qui recevaient uniquement la dapaglifozine ont été inclus dans la population analysée. (…). Le recueil de données pour la présente analyse s’est terminée le 4 janvier 2017, et une phase d’extension de l’essai de 28 semaines est en cours.

Entre le 11 novembre 2014 et le 16 avril 2016, 833 patients ont été assignés aux groupes de traitements et inclus dans les analyses d’innocuité (dapaglifozine 5 mg [n=277] versus dapaglifozine 10 mg [n=296] versus placebo [n=260] ; 778 de ces patients étaient répartis de manière aléatoire et inclus dans l’ensemble d’analyse intégral pour les analyses d’efficacité (258 versus 259 versus 260 ; différence due à une erreur de randomisation affectant 55 patients). 
La [HbA1c] moyenne à la ligne de base était de 8.53% (70 mmol/mol ; Erreur Standard -ES- 0.67% [7.3 mmol/mol]). À la semaine 24, à la fois la prise d’une dose quotidienne per os de 5 mg et d’une dose quotidienne per os de 10 mg ont permis la réduction significative de [HbA1c] en comparaison du placebo (différence moyenne de la ligne de base à la semaine 24 pour dapaglisfozine 5 mg versus placebo était de -0.42% [Intervalle de Confiance -IC- 95% de -0.56 à -0.28 ; p<0.0001] ; et pour dapaglifozine 10 mg versus placebo, cette différence était de -0.45% [IC 95% de -0.58 à -0.31 ; p<0.0001]). 
Parmi les patients des groupes dapaglifozine 5 mg (n=277), dapaglifozine 10 mg (n=296), et placebo (n=260), les événements indésirables les plus communément rencontrés étaient nasopharyngite (38 [14%] versus 36 [12%] versus 39 [15%]), infection du tractus urinaire (19 [7%] versus 11 [4%] versus 13 [5%]), infection du tractus respiratoire supérieur (15 [5%] versus 15 [5%] versus 11 [4%]), et céphalée (12 [4%] versus 17 [6%] versus 11 [4%]). De l’hypoglycémie est survenue chez 220 (79%), 235 (79%), et 207 (80%) patients dans les groupes dapaglifozine 5 mg, dapaglifozine 10 mg et placebo respectivement ; de l’hypoglycémie sévère est survenue chez 21 (8%), 19 (6%), et 19 (7%) patients, respectivement. De la kétoacidose diabétique est survenue chez quatre (1%) patients dans le groupe dapaglifozine 5 mg, cinq (2%) patients dans le groupe dapaglifozine 10 mg, et trois (1%) dans le groupe placebo.

Nos résultats suggèrent que la dapaglifozine est un traitement d’appoint à l’insuline prometteur pour l’amélioration du contrôle de la glycémie chez des patients atteints d’un diabète de type 1 non contrôlé de manière adéquate.  Dr Paresh Dandona, MD, et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 18 septembre 2017

Financement : AstraZeneca et Bristol-Myers Squibb

Source : The Lancet Online / Traduction et adpatation : NZ