jeudi 18 juillet 2019

#trendsincognitivesciences #primates #rangsocial Rang Social et Régulation Génique : Conservation et Contexte-Dépendance chez les Primates

Female macaque = Macaque femelle
Human = Humain
Male baboon = Babouin mâle
Relations Conservées et Contexte-Dépendantes entre Rang Social et Régulation des Gènes de l’Immunité.
(A) À la fois chez les macaques rhésus mâles et femelles, un rang social peu élevé est lié à une plus faible expression des gènes impliqués dans la défense antivirale (gauche) et une expression plus élevée des gènes impliqués dans les voies de signalisation proinflammatoires (droite). (B) Les gènes impliqués dans la défense antivirale sont également plus fortement exprimés chez les femelles macaques au rang social élevé dans le cas d’exposition aux lipopolysaccharides bactériens. Cependant, ce schéma est inversé en cas d’exposition au guardiquimol viral. Un exemple de cette relation contexte-dépendante est montré pour la viperin, un gène clé de la restriction chez les virus (…). (C) En cas d’exposition aux bactéries et à la ligne de base à la fois, les gènes impliqués dans les voies de signalisation proinflammatoires sont plus fortement exprimés chez les femelles macaques au rang social peu élevé, mais ce schéma est inversé chez les babouins mâles. Les flèches blanches indiquent le sens de l’enrichissement. 

Les modèles actuels suggèrent qu’un rang social peu élevé affecte les fonctions immunitaires en augmentant l’inflammation, compromettant ce faisant la défense antivirale. Alors que ce tableau semble conservé, d’une certaine façon, de récentes études montrent que l’empreinte de la régulation génique sur le rang social dépend aussi du contexte local et de la nature des hiérarchies sociales. Noah D. Simons et Jenny Tung, dans Trends in Cognitives Sciences, publication en ligne en avant-première, 15 juillet 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 17 juillet 2019

#trendsinendocrinologyandmetabolism #épigénétique #exercice Épigénétique et Exercice

Principaux Types de Régulation Épigénétique
La méthylation de l’ADN et les modifications post-translationnelles des histones (en bleu, vert, et violet) sont capables de réguler la transcription des gènes. Abréviations : Me, méthylation (résidus lysine mono-, di-, et tri-méthylés ; résidus arginine mono- et di-méthylés) ; P, phosphorylation ; Ac, acétylation. (…).
L’épigénétique peut être définie comme « l’adaptation structurelle des régions chromosomiques à l’enregistrement, la signalisation, ou la perpétuation d’états d’activité altérée ». Une transcription augmentée de gènes clé régulateurs, métaboliques et myogéniques est une réponse précoce à l’exercice; elle est importante dans la médiation d’adaptations subséquentes dans les muscles squelettiques. L’hypométhylation de l’ADN et l’hyperacétylation des histones apparaissent comme des événements cruciaux pour une transcription augmentée. Les interactions complexes entre des multiples modifications épigénétiques et leur régulation par des changements métaboliques et des événements de signalisation au cours de l’exercice, avec des implications pour une compréhension amplifiée des adaptations aiguës et chroniques à l’exercice, sont des questions à investiguer plus à fond. Sean L. McGee et Mark Hargreaves, dans Trends in Endocrinology and Metabolism, publication en ligne en avant-première, 3 juillet 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mardi 16 juillet 2019

#thelancet #migraine #rimegepant Efficacité, innocuité, et tolérance du rimegepant orodispersible administré pour le traitement aigu de la migraine : essai de phase 3 randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo

Substances induisant la migraine
Caféine
Nitrates
Thiamine
Phénylalanine
Histamine
Source iconographique: https://www.verywellhealth.com/migraine-and-diet-89888

Le rimegepant, petite molécule antagoniste du récepteur du peptide relié au gène de la calcitonine, a montré une efficacité dans le traitement aigu de la migraine, sous formulation comprimé standard. L’objectif de cet essai était de comparer l’efficacité, l’innocuité et la tolérance d’une formulation nouvelle de comprimé orodispersible de rimegepant 75 mg avec le placebo dans le traitement aigu de la migraine.

Dans cet essai de phase multicentrique, randomisé, réalisé en double aveugle et contrôlé par placebo, des adultes âgés de 18 ans et plus, présentant un historique de migraine, ont été recrutés dans 69 centres d’études situés aux États-Unis d’Amérique. Les participants ont été répartis au hasard pour recevoir le rimegepant (comprimé orodispersible de 75 mg) ou le placebo et formés au traitement d’une attaque unique de migraine d’intensité modérée à sévère. La randomisation était stratifiée par utilisation préalable d’un médicament en prophylaxie (oui ou non), et a été réalisée à l’aide d’un système de réponse interactive accessible à chaque site clinique. Ni les participants, ni les investigateurs n’avaient accès au tableau de randomisation. Les critères principaux d’évaluation étaient l’absence de douleur et l’absence de symptôme gênant 2 heures après la prise de médicament. Les analyses d’efficacité étaient effectuées sur la population en intention de traiter modifiée, qui incluait tous les patients qui avaient été répartis au hasard dans les groupes, avaient subi une atteinte de migraine d’intensité modérée ou sévère, avaient pris une dose de rimegepant ou le placebo, et avaient bénéficié d’au moins une évaluation d’efficacité après l’administration du médicament. Les analyses d’innocuité incluaient tous les participants assignés de manière aléatoire dans les groupes, et qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude. (…).

Entre le 27 février et le 28 août 2018, 1 811 participants ont été recrutés et examinés pour éligibilité. 1 466 participants ont été aléatoirement répartis dans les groupes pour recevoir le rimegepant (n=682) ou le placebo (n=693), et 1351 ont été évalués quant à l’efficacité (rimegepant = 669, placebo = 682). 2 heures après l’administration du médicament, le rimegepant orodispersible était supérieur au placebo pour l’absence de douleur (21% versus 11%, p<0.0001 ; différence de risque = 10, Intervalle de Confiance [IC] 95% 6-14) et pour l’absence de la plupart des symptômes gênants (35% versus 27%, p=0.0009 ; différence de risque = 8, Intervalle de Confiance [IC] 95% 3-13). 
Les événements indésirables les plus communément rencontrés étaient nausée (rimegepant n=11 [2%] ; placebo n=3 [<1%]) et infection du tractus urinaire (rimegepant n=10 [1%] ; placebo n=4 [1%]). Deux participants à l'étude (un dans chaque groupe de traitement) présentaient une concentration en transaminases dépassant de 3 fois la limite supérieure de normalité ; aucun dépassement n’était lié au médicament à l’étude, et aucune augmentation de la bilirubine dépassant de plus de 2 fois la limite supérieure de normalité n’était rapportée. Aucun des participants sous traitement n’a rapporté d’événement indésirable grave.

Dans le traitement aigu de la migraine, une dose unique de 75 mg de rimegepant par comprimé orodispersible était plus efficace que le placebo. La tolérance était similaire au placebo, sans problèmes d’innocuité. Robert Croop, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 13 juillet 2019

Financement : Biohaven Pharmaceuticals

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 12 juillet 2019

#Cell #TNF #immunothérapie #cytotoxicité Augmentation de l’Impact de l’Immunothérapie par la Baisse du Seuil de Cytotoxicité du TNF

Baseline = Ligne de Base
Sensitized = Sensibilisé
Therapeutic outlook = Perspective thérapeutique
No cell death = Pas de mort cellulaire
Cell death = Mort cellulaire
De nouvelles options sont nécessaires pour renforcer le bénéfice apporté par le blocage du point de contrôle immunitaire (ICB). Alors que la voie de signalisation de l’interféron (IFN)Ƴ présente une résistance aux facteurs ICB et des opportunités sur le plan thérapeutique, cela n’a pas été l'objet d'investigation systématique, pour ce qui est des voies de signalisation IFNƳ-indépendantes. Un criblage CRISPR/Cas9 effectué à l’échelle du génome entier dans le but de sensibiliser les cellules récepteur IFNƳ-déficientes à l’élimination des cellules T CD8 a conduit avec succès à la cartographie de plusieurs voies de signalisation du facteur de nécrose tumorale (TNF). Cliniquement, nous montrons que l’activité antitumorale du TNF est limitée seulement à la ligne de base chez les ICB non-répondants, en corrélation avec ses faibles taux. Tirant profit du criblage génétique, nous démontrons que la neutralisation de TRAF2 baisse le seuil de cytotoxicité dans les tumeurs par la redirection la signalisation TNF, avec pour effet de favoriser l’apoptose RIPKI-dépendante. La perte de TRAF2 a fortement amplifié le potentiel thérapeutique de l’inhibition pharmacologique de son partenaire d’interaction, cIAP, un autre facteur protéique identifié par criblage, coopérant ce faisant avec ICB. Nos résultats suggèrent que l’abaissement sélectif du seuil de cytotoxicité du TNF augmente la susceptibilité des tumeurs à l’immunothérapie. David W. Vredevoogd, et al, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 11 juillet 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 11 juillet 2019

#trendsincancer #cancer #croissancetumorale #modélisationmathématique Intégration d’une Modélisation Mathématique dans la Feuille de Route d’une Radiothérapie Personnalisée

dx, diagnostic. (A) La dynamique de croissance tumorale au stade de prétraitement est prédictive du volume des tumeurs non traitées qui montrent une réponse malgré l’observation d’une maladie en progression (PD). (B) L’observation d’une maladie stabilisée (SD) devrait être classée comme une absence de réponse aux traitements si la croissance tumorale était en dormance avant le traitement et qu’aucun changement de volume tumoral n’était prévu sans radiations. (C) Des réponses partielles observées cliniquement peuvent être considérées comme des réponses faibles si la dynamique de croissance tumorale au stade de prétraitement prévoit une réponse complète (CR). 

En pratique actuelle, les protocoles de traitements par radiothérapie sont prescrits sur la base des résultats obtenus dans les essais cliniques de grande ampleur, avec une personnalisation limitée et sans adaptation des doses ou du fractionnement des doses administrées aux données individuelles des patients de réponses aux traitements. La prédiction des réponses tumorales aux radiations et la comparaison des prédictions contre les réponses observées offrent une opportunité pour de nouvelles évaluations de traitements. Ces analyses peuvent mener à une amélioration des résultats obtenus chez les patients, avec de meilleurs rapports thérapeutiques.  Nous prévoyons l’intégration de modèles mathématiques en radio-oncologie pour simuler la croissance tumorale chez chaque patient pris individuellement et pour prévoir la réponse aux traitements comme biomarqueurs dynamiques pour une radiothérapie adaptative personnalisée (RT). Heiko Enderling, et al, dans Trends in Cancer, publication en ligne en avant-première, 10 juillet 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 10 juillet 2019

#thelancetrespiratorymedicine #exclusif #apnéeobstructivedusommeil Estimation de la prévalence globale et du fardeau de l’apnée obstructive du sommeil : une analyse basée sur la littérature

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Schéma expliquatif de l'obstruction de la ventilation dans le Syndrome d'apnées du sommeil
Source iconographique, légendaire et rédactionnelle: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Obstruction_ventilation_apn%C3%A9e_sommeil.svg

Il y a un manque de données publiées sur la prévalence globale de l’apnée obstructive du sommeil, un trouble présentant un risque de séquelles neurocognitives et cardiovasculaires majeurs. Nous avons utilisé des données disponibles en accès ouvert et contacté des leaders d’opinion clé pour estimer la prévalence globale de l’apnée obstructive du sommeil.

Nous avons recherché dans les bases de données PubMed et Embase des études publiées rapportant la prévalence de l’apnée obstructive du sommeil sur la base de méthodes de test objectives. Un algorithme de conversion a été créé pour des études n’appliquant pas les critères de classement de l’Académie Américaine de Médecine du Sommeil (AASM) 2012 pour l’identification de l’apnée obstructive du sommeil, permettant la détermination d’un index apnée-hypopnée (AHI) pour les publications utilisant d’autres critères d’évaluation. La présence de symptômes n’étant pas spécifiquement analysée du fait d’un manque d’information relative aux symptômes dans les études de référence et les données de population. Les estimations de prévalence d’apnée obstructive du sommeil dans les diverses études prises en compte appliquant des critères de diagnostic étaient standardisées à l’aide d’un algorithme nouvellement développé. Les pays sans données de prévalence de l’apnée obstructive du sommeil ont été mis en rapport avec un pays similaire en mesure de fournir des données de prévalence disponibles ; la similarité de la population était basée sur l’IMC de la population, l’ethnie, et la proximité géographique. Le résultat principal était la prévalence de l’apnée obstructive du sommeil basée sur les critères de diagnostic édictés par l’AASM 2012 chez les sujets âgés de 30 ans à 69 ans [du fait que les données de ce groupe d’âge se trouvaient disponibles dans des études publiées et liée à l’information diffusée par les Nations Unies (...)].

Les données fiables de prévalence de l’apnée obstructive du sommeil étaient disponibles pour 16 pays, provenant de 17 études. A l’aide des critères de diagnostic édictés par l’AASM 2012 ainsi que les valeurs seuil d’AHI de cinq évènements ou plus par h et 15 évènements ou plus par h, nous avons estimé que 936 millions (Intervalle de Confiance [IC] 903-970) adultes âgés de 30-69 ans (hommes et femmes) étaient atteints d’apnée obstructive du sommeil d’intensité légère à grave et que 435 millions d’adultes (399-450) âgés de 30 ans à 69 ans étaient atteints d’apnée obstructive du sommeil modérée à grave globalement. Les pays où nombre de sujets affectés était le plus élevé était la Chine, suivi par les États-Unis, le Brésil, et l’Inde.

À notre connaissance, il s’agit ici de la première étude rapportant la prévalence globale de l’apnée obstructive du sommeil ; avec presque 1 milliard de personnes affectées, et avec une prévalence excédant 50% dans certains pays ; la mise en place de stratégies de diagnostic et de traitement efficaces permettant de minimiser les impacts de santé négatifs et de maximiser la rentabilité de la prise en charge, s’avère nécessaire. Adam V Benjafield, PhD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 9 juillet 2019

Financement : Resmed

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ       

mardi 9 juillet 2019

#thelancetplanetaryhealth #canicule #france Le jour de 2003 où la canicule battit tous les records en Europe

 European heatwave, June 2019, satellite image - Copyright: EUROPEAN SPACE AGENCY / SCIENCE PHOTO LIBRARY
Image satellite de la vague de chaleur survenue en juin 2019 en Europe

Le 28 juin 2019, une température de 45.9°C fut enregistrée dans une station météo en France, dépassant le dernier record de température enregistré dans le pays – datant de la canicule infâme de 2003 – de presque 2°C. Des pics de chaleur ont été mesurés en Europe Centrale et en Europe du Nord, alimentés par la vague Rossby agissant à l’échelle planétaire (courants géants siégeant dans les vents de la haute troposphère), formant un bloc omega; ainsi nommé du fait de sa ressemblance avec la lettre grecque (Ω). Cet événement (...) a provoqué une propulsion d’air chaud depuis l’Afrique du nord vers l’Europe. Du fait de la nature extraordinaire de cet évènement, le public et les médias se posent cette question : un tel phénomène représente-t-il la nouvelle norme en termes météorologiques, et jusqu’à quel point cela pourrait-il empirer dans le futur ? Dann Mitchell et al, dans The Lancet Planetary Health, publication en ligne en avant-première, 8 juillet 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ