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mardi 9 décembre 2014

#radiothérapie #mastectomie #lumpectomie #tumeuripsilatérale #cancerdusein Radiothérapie du sein entier renforcée ou non chez des patientes traités par chirurgie conservatrice en cas de cancer du sein peu évolué : 20 ans de suivi d’un essai randomisé de phase 3

Carcinome bien différencié, cancer canalaire invasif (x250)
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/dossiers-d-information/cancer-du-sein
Depuis l’introduction de la thérapie conservatrice du sein, des doses variées de radiation après lumpectomie ont été appliquées. Dans un essai de phase 3 randomisé contrôlé, nous avons étudié les effets d’une radiothérapie renforcée de 16 Gy sur la survie globale, le contrôle local, et la fibrose chez des patientes atteintes de cancer du sein de stade I ou II ayant subi une chirurgie conservatrice du sein en comparaison de patientes n’ayant pas reçu de radiothérapie renforcée. Ici, nous présentons les résultats du suivi sur 20 années.

Des patientes, ayant subi une résection microscopique complète pour une maladie invasive, suivi d’une radiothérapie du sein entier de 50 Gy en 5 semaines ont été répartis par groupes (1:1) à l’aide d’un algorithme de randomisation par minimisation centralisée pour administration (groupe avec radiothérapie renforcée) ou non-administration (groupe sans radiothérapie renforcée) d’une dose de radiothérapie renforcée de 16 Gy, avec stratification par âge, statut ménopausal, présence d’un carcinome canalaire in situ grave, stade clinique de la tumeur, état nodal, et institution d’origine. À la fois les patientes et les investigateurs avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’évaluation était la survie globale sur population en intention de traiter. (…).

Entre le 24 mai 1989 et le 25 juin 1987, 2657 patientes ont été assignées de manière aléatoire à la non-administration d’un traitement de radiothérapie renforcée et 2661 patientes pour administration d'un traitement de radiothérapie renforcée. La durée médiane de suivi était de 17.2 ans (Intervalle Interquartile -IQR- 13.0 – 19.0). La survie sur 20 ans était de 59.7% (Intervalle de Confiance -IC- 99% 56.3-63.0) dans le groupe radiothérapie renforcée versus 61.1% (57.6-64.3) dans le groupe sans radiothérapie renforcée, hazard ratio (HR) 1.05 (IC 99% 0.92 – 1.19, p=0.323). Les échecs de thérapeutiques étaient le plus fréquemment représentés par des récidives de tumeurs ipsilatérales chez 354 patientes (13%) dans le groupe sans radiothérapie renforcée versus 237 patientes (9%) dans le groupe avec radiothérapie renforcée, HR 0.65 (IC 99% 0.52-0.81, p<0.0001). L’incidence cumulée sur 20 ans de récidive de tumeur ipsilatérale du sein était de 16.4% (IC 99% 14.1-18.8) dans le groupe sans radiothérapie renforcée versus 12.0% (9.8-14.4) dans le groupe avec radiothérapie renforcée. Les mastectomies comme premier traitement de rattrapage pour récidive de tumeur ipsilatérale du sein est survenue chez 279 (79%) des 354 patientes du groupe sans radiothérapie renforcée versus 178 (75%) sur 237 patientes du groupe radiothérapie renforcée. L’incidence cumulée de fibrose sur 20 ans de suivi était de 1.8% (IC 99% 1.1 – 2.5) dans le groupe sans radiothérapie renforcée versus 5.2% dans le groupe avec radiothérapie renforcée (p<0.0001).

Une radiothérapie renforcée en supplément d’un traitement de radiothérapie du sein entier n’a pas eu d’effet sur la survie globale à long terme ; mais peut améliorer le contrôle local avec le meilleur bénéfice absolu obtenu chez les patientes jeunes, bien que le risque de fibrose modérée à sévère en soit augmenté. La dose de radiation supplémentaire devrait être évitée chez les patientes d’âge supérieur à 60 ans. Dr Harry Bartelink MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 9 décembre 2014

Financement : Fonds Cancer, Belgique

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ